Anecdote de Gilles Salomon, écrivain public à Paris : Covid 19-2

Covid 19 bis

COVID-19 – mi-Avril 2020

Le téléphone sonne : Bonjour, en tant qu’auto-entrepreneur, je veux faire valoir mes droits pour obtenir l’aide promise par le gouvernement.

Moi : Bonjour, j’ai besoin pour cela que vous communiquiez votre chiffre d’affaires des mois de Mars et Avril 2019 et 2020. Une fois ces éléments en mains, je vous établirai un devis.

L’interlocuteur : Quoi ??? Un devis ??? Je vais devoir payer pour obtenir de l’aide ???

Moi : Comme vous, je suis travailleur indépendant et mes prestations sont payantes…

L’interlocuteur : Ah, je vois… Macron est vraiment un Enc… et vous un profiteur des pauvres.

Sur ce, l’interlocuteur raccroche.

NB : J’ai moi-même bénéficié de ces aides. Sans elles, mon activité aurait couru un réel danger… Même si tout n’est pas rose en notre beau pays, peu de nations ont mis en place un tel filet de sécurité.


Anecdote de Gilles Salomon, écrivain public à Paris : COVID 19

Covid 19

Le téléphone sonne : Au bout du fil, une personne âgée qui fait régulièrement appel à mes services.

Moi : Bonjour

L’interlocuteur : Bonjour. Je suis satisfaite des derniers courriers que vous m’avez rédigés. Ils m’ont permis d’avoir gain de cause sur toute la ligne. Merci encore ! Si je vous appelle aujourd’hui, c’est pour vous demander conseil, vu que j’ai totale confiance, depuis des années, en votre jugement…

Moi : Merci à vous. Que puis-je pour vous ?

L’interlocuteur : He bien voilà : Il y a deux semaines, j’ai déjeuné dans une Pizzeria….

Moi : Et donc ?

L’interlocuteur : Avec le Corona virus qui vient de se déclarer en Italie, me conseillez-vous d’aller aux urgences de l’hôpital pour consulter et voir si je n’ai rien attrapé ?

NB : Je l’ai rassurée mais reste abasourdi qu’on puisse ne serait-ce que penser ainsi !


Anecdote de Gilles Salomon, écrivain public à Paris : faites du social

Faites du social…

Le téléphone sonne :

Moi : Bonjour

L’interlocuteur : Bonjour. Je suis responsable d’un centre socio-culturel et notre écrivain public vient de nous lâcher… J’ai vu sur internet que vous réalisez cette prestation.

Moi : Effectivement. Pouvez-vous m’en dire plus ?

L’interlocuteur : J’ai besoin d’une vacation facturée de trois heures par semaine.

Moi : Aucun souci. Quel tarif proposiez-vous à mon prédécesseur ?

L’interlocuteur : 25 Euros TTC de l’heure.

Moi : Je vous explique… Sur les 20 Euros HT que vous proposez, je paie, en tant que professionnel libéral, environ 55% de charges sociales obligatoires, sans compter les impôts qui passent après. Il me resterait donc 9 Euros de l’heure en poche… Je pense que ce tarif, supérieur de seulement 97 centimes au smic horaire, ne correspond pas à celui du professionnel que je suis et de ses 14 ans d’expérience réussie…

Une petite question, si je peux me permettre : mon fameux prédécesseur disposait-il d’une assurance responsabilité civile professionnelle, comme l’exige notre code de déontologie ?

L’interlocuteur : Non…

Moi : Je vous laisse réfléchir et vous fais un devis.

L’interlocuteur : Pas besoin. Je vais chercher ailleurs !

Sur ce, l’interlocuteur raccroche.

NB : Le monde étant petit (je suis connu et reconnu dans la profession pour maîtriser ce travail en mairie depuis 14 ans), cet interlocuteur a, effectivement, contacté d’autres écrivains publics qui m’ont toutes et tous fait l’honneur de me consulter. – avec le même résultat.
Ma profession n’étant malheureusement pas réglementée, je reste certain qu’il se trouvera quelqu’un pour accepter de travailler à si vil prix. Quant à la satisfaction des usagers, j’ai un doute certain ! Maintenant, cette satisfaction m’a semblé être le cadet des soucis de ce patron de centre socio-culturel…


Anecdote de Gilles Salomon, écrivain public à Paris : suppôt de satan

Suppôt de Satan

Le téléphone sonne :

Moi : Bonjour

L’interlocuteur : Bonjour, je veux écrire à une très haute personnalité française !

Moi : Pas de souci. (et là, j’ose…) Vous voulez lui demander quoi, à Emmanuel Macron ?

L’interlocuteur : Ah… Je vois que mon téléphone est déjà sur écoute… Vous vous êtes piégé tout seul ! Puisque vous êtes un de ces suppôts de Satan, je vous laisse le plaisir d’informer les services spéciaux de cette putain de dictature que je change immédiatement de numéro de téléphone !

Sur ce, l’interlocuteur raccroche.


Anecdote de Gilles Salomon, écrivain public à Paris : Maman castratrice

Maman castratrice

Le téléphone sonne :

Moi : Bonjour

L’interlocutrice : Bonjour. Je veux un super CV pour mon fils. Quelle est la marche à suivre ?

Moi : Aucun souci. J’ai besoin de son CV actuel, d’une photo d’identité et de 4/5 annonces auxquelles il souhaite postuler.

L’interlocutrice : Il est bien entendu que je vous interdis de l’appeler…

Moi : Même si j’ai besoin d’informations complémentaires ?

L’interlocutrice : Absolument ! Je gère de A à Z. OK, je vous envoie le tout et vous vous mettez au travail !

Moi : Pas exactement… Je vous fais d’abord un devis. Si vous l’acceptez, vous payez et je me mets au travail

L’interlocutrice : Hors de question ! Vous m’envoyez le CV et, s’il me satisfait, je détermine son prix et vous paie.

Moi : Ôtez-moi d’un doute ! Existe-t-il au monde le moindre professionnel qui accepte de travailler dans ces conditions ?

L’interlocutrice : Adieu !


Anecdote de Gilles Salomon, écrivain public à Paris : au commissariat, direct

Au commissariat, direct

Le téléphone sonne, il est 8 heures du matin :

Moi : Bonjour

L’interlocuteur : Vous êtes où ???

Moi : Bonjour. Qui êtes-vous ?

L’interlocuteur : Cela fait plus d’une heure que je vous attends devant votre bureau. Vous êtes où ???

Moi : Bonjour. Qui êtes-vous ? Nous avions rendez-vous ?

L’interlocuteur : Non…

Moi : Je ne peux donc vous recevoir.

L’interlocuteur : Ah bon, vous le prenez comme ça ? Je vais droit au commissariat porter plainte !

Sur ce, l’interlocuteur raccroche.


Anecdote de Gilles Salomon, écrivain public à Paris : salaud de voleur

Salaud de voleur

Le téléphone sonne (dimanche soir – 21h15)

Moi : Bonjour

L’interlocuteur : T’es là ?

Moi : Pardon ?

L’interlocuteur : Je veux un courrier de recours

Moi : Dites-m‘en plus

L’interlocuteur : J’veux pas. J’suis à ton bureau dans 10 minutes et tu me fais ça vite fait !

Moi : Impossible. Je dois d’abord vous faire un devis

L’interlocuteur : Pourquoi faire ?

Moi : Mes services sont payants

L’interlocuteur : Salaud de voleur de Français.

Sur ce, l’interlocuteur raccroche.


Anecdote de Gilles Salomon, écrivain public à Paris : bonne relation

Bonne relation

Le téléphone sonne :

Moi : Bonjour

L’interlocutrice : Bonjour. Je suis la responsable Marketing d’une Startup spécialisée dans la mise en relation d’adultes célibataires ou non et souhaite faire appel à vos services pour réaliser les contenus textuels de notre site web.

Moi : Avec plaisir ! Je vous propose de m’envoyer par mail toutes les informations utiles sur votre stratégie de communication et vos besoins pour que je puisse m’en imprégner avant que nous convenions d’un entretien en vos locaux.

L’interlocutrice : Aucun souci. Je vous envoie tout ce dont je dispose et vous laisse revenir vers moi.

10 jours plus tard, j’ai découvert, lors du premier rendez-vous, que l’un des fondateurs de cette Startup n’était autre qu’un ancien client qui avait fait appel à moi en 2009 pour la correction de son devoir de Mastère II… Avec une note de 17,5/20, il était sorti major de sa promotion et m’avait remercié, déjà !


Anecdote de Gilles Salomon, écrivain public à Paris : merci pour votre franchise

Merci pour votre franchise

Le téléphone sonne :

Moi : Bonjour

L’interlocutrice : Bonjour. J’ai besoin d’aide pour écrire au procureur de la République

Moi : Dites m’en plus…

L’interlocutrice : Mon mari me trompe, me frappe et ne me prend plus que par derrière. Il s’est servi de moi et de ma nationalité française pour obtenir sa carte de séjour et depuis qu’il l’a eue, c’est l’enfer !

Moi : Désolé mais, même si je vous comprends, mon code de déontologie m’interdit de prêter la main à tout courrier de dénonciation ou de délation.

L’interlocutrice : Vous ne me croyez pas ?

Moi : Le problème n’est pas là. Imaginez que ce soit votre mari qui m’appelle et qui me dise les pires choses sur vous. Devrai-je le croire plus que vous ?

L’interlocutrice : Effectivement… Merci pour votre franchise.


Anecdote de Gilles Salomon, écrivain public à Paris : riche fainéant

Riche fainéant

Le téléphone sonne :

Moi : Bonjour

L’interlocuteur : Bonjour. Je suis un riche étudiant…

Moi : Quel est votre besoin ?

L’interlocuteur : Je dois présenter mon mémoire de fin d’études dans 10 jours

Moi : Et ?

L’interlocuteur : Je vous paie pour le faire, vu que je ne l’ai pas commencé…

Moi : Je réalise des corrections, relectures, réécritures partielles de ce type de document mais ne peux déontologiquement le rédiger à votre place

L’interlocuteur : Mais je te paye, putain !

Moi : Je m’y refuse pour une question d’éthique

L’interlocuteur : Ah, tu ne veux pas de l’argent de mon père ? Je vais voir ailleurs !